28. apr, 2016

L'homme qui ne voulait pas être roi

Non, ce titre n'a pas éte volé d'un livre non-existant de l'écrivain néerlandais Jan Terlouw; de man die geen koning wilde worden. Il ne s'agit pas non plus du roi Louis XVI, dont on a supposé qu'il ne voulait être roi. Ce sont des conversations avec Jacques Delors, ancien président de la Commission Européenne qui a atteint l'age de 90 ans à l'été de 2015.

Pour lui, l'Europe était la survie ou le déclin. Erop of er onder. De dood of de gladiolen. La journaliste Cécile Amar à visité Jacques Delors plusieurs fois, elle a étudié toutes ses archives et elle a noté beaucoup de paroles lucides pour un homme de 90 ans. Il me paraît que, même s'il est moins médiagénique et moins dominant que, par exemple, Helmut Schmidt ou Valérie Giscard d'Estaing, Jacques Delors a toujours une vue très claire sur ce qui se passe dans le monde contemporain. Comme ses contemporains, son point de vue géopolitique est determiné par les Guerres Mondiales.

En lisant, je me suis souvent demandé si Delors sera nommé fidèle à ses principes ou s'il a perdu le courant du temps moderne. Quoi qu'on en dise sur sa nature socialiste: il est né socialiste et il sera enterré socialiste. Pour ses convictions européennes, il ne perdra jamais l'espoir. En plus, il restera un serviteur des affaires publiques. So  far, so good. Ayant quitté la politique depuis vingt ans, il me semble qu'il a sous-estimé les forces anti-européennes des populistes. Dans son opinion, les gérants européens devraient faire  plus d'efforts pour défendre et porter plus activement les rêves européens. Il leur manque le  feu sacré. Il reproche aux dirigeants qu'ils ne portent pas assez d'attention aux régions rurales où il a ses racines.

Jacques Delors a été plébiscité à plusieurs reprises de se porterer candidat à la Présidence de la République. Il a toujours refusé. "Quand il n'y a pas un agenda qui me convient parfaitement, je ne serai pas élu Président". Il préfère rester fidèle à ses principes.

Ce livre (ed. Grasset - 230 pages) a été écrit par une journaliste qui n'a pas pu vérifier tout ce qu'il a dit. C'est plutôt le genre d'une biographie, d'un testament politique ou d'un liber amicorum.

J'espère que ce livre sera lu par des gens qui n'ont pas perdu leur rèves, qui sont convaincus que l'union fait la force, qu'il aura une monde plus juste, plus équilibré et plus en paix.

Paul-Henri Spaak,  Robert Schuman et Jean Monnet sont considerés comme les  fondateurs  de la Communauté Europèenne, Jacques Delors aura eu l'honneur d'avoir exécuté leurs rêves.